
Nous arrivons a l'entree de la ville de Uyuni ou nous devons nous arreter avant de nous rendre a Tupiza, un peu plus au Sud de la Bolivie. Nous sommes surpris par le nombre de policiers en uniformes qui nous accueillent. Ils n'ont pas l'air tres sympas du tout et surtout sont tres nombreux. Ils arretent nos deux 4x4 et demandent les papiers des conducteurs. Jusque la, rien de bien surprenant, on se dit que c'est un controle de routine. Mais quand ils se mettent a gesticuler dans tous les sens et a crier, la, c'est un peu moins rassurant. Un gros type a moustache (qui a la tete des sales types des films mexicains) et qui a l'air d'etre le patron s'approche de notre voiture et se met a hurler sur notre chauffeur. D'apres ce que je comprends (et ce que me confirmera Pedro ensuite), ce dimanche est un jour d'elections tres important pour la Bolivie, une nouvelle constitution doit etre votee et aucun vehicule n'a le droit de rentrer ou de sortir de la ville. De plus, voter est une obligation en Bolivie ! Les personnes qui ne s'y conforment pas doivent payer une amende tres lourde. Le policier en chef hurle de plus belle sur le pauvre Pedro qui en a les larmes aux yeux. Je suis assise a cote de lui et je suis terrorisee car il a l'air tres violent! En plus, nous sommes surs que les policiers vont s'en prendre aux touristes que nous sommes pour nous extorquer de l'argent. Le policier demande a Pedro et Andres de les suivre au poste de police. Un policier monte meme dans l'autre 4x4 et une des touristes, Barbara, doit monter seule avec un autre policier dans une de leurs voitures pour lui laisser la place...moment angoissant. Arrives au poste de police, Pedro me dit que ce qui est en train d'arriver est tres grave, qu'il va devoir payer une amende de 100 dollars (ce qui est enorme ici) et que lui et Andres vont avoir de gros ennuis. Tout ca parce que l'agence, leur employeur donc, ne les a pas prevenus... Il nous dit aurevoir, l'air tres triste, on a a peine le temps de lui glisser un billet pour le pourboire et pour le remercier, un policier lui prend carrement les clefs de sa voiture... On apprendra un peu plus tard que Pedro et Andres ont ete mis en prison... Ca ne rigole pas ici. On ne sait pas trop quoi faire, on se sent un peu desarmes. On va au bureau de Colque Tours de Uyuni, un bureau de l'agence qui nous a vendu le tour au Chili. C'est ferme mais quelqu'un nous ouvre quand meme. En effet, Gaspar et Cristina, 2 espagnols de notre groupe qui retournent au Chili sont un peu bloques sans chauffeur pour rentrer et prendre leur avion le lendemain. Colque les aide et par la meme occasion, nous leur demandons ou est le distributeur de billets le plus proche que nous n'avons pas encore trouve. En effet, tout notre petit groupe se trouve un peu sans le sou, ou plutot sans devises boliviennes ou presque car nous pensions pouvoir tirer de l'argent a Uyuni. Seulement, avec les elections, tout est ferme. Il nous reste a peine de quoi diner, mais pas assez pour payer notre billet de bus du soir. En plus, on a prete un peu d'argent a des anglais du groupe, Barbara et Stephen, qui n'avaient que des dollars, donc il nous reste encore moins d'argent, bref, on est mal... Colque accepte de changer des devises (a des taux exhorbitants) mais nous, on n'a rien a changer... juste une carte bleue... ah mais si, attendez, je fais les fonds de poche et je retrouve 3 dollars qui sortent comme par magie... allez, encore un effort et je retrouve notre dernier traveller cheque de 20 dollars ! ouf on est sauves. En plus, Barbara nous rend ce qu'on lui a prete, on va pouvoir souffler un peu. Maintenant le probleme est qu'avec les elections, le bus pour Tupiza ne partira pas ce soir... ce qui signifie que nous devons prendre une chambre d'hotel a Uyuni. Je deteste cette ville ! C'est triste, et l'histoire des policiers nous a laisse une tres mauvaise impression. Devant l'agence, nous discutons avec 2 francais, Arnaud et Fred, qui attendent de pouvoir faire le circuit du Salar de Uyuni depuis 2 jours et qui sont bloques a cause des elections. Ils nous apprennent que la France a battu le Bresil au foot, premiere bonne nouvelle de la journee. Ils nous indiquent aussi l'hotel ou ils sont descendus, sympa et pas cher. Nous les invitons a se joindre a nous pour dejeuner, le petit groupe se serre les coudes et il y a une tres bonne ambiance. Tout le reste du groupe a reussi a avoir un billet de bus pour le soir meme, sauf nous ! Ceci s'explique par le fait que nous allons dans un endroit un peu eloigne des circuits touristiques. Nous trouvons quand meme un billet pour le lendemain, depart a 5h30 du matin, en 4x4 de nouveau pour 5h de route. L'achat du billet se revele une bataille car tous les boliviens qui ont ete bloques a Uyuni pendant plusieurs jours pendant les elections veulent aussi sortir de la ville ! Ils nous passent devant sans scrupule et l'agence leur donne clairement la priorite... On flane dans les rues, rien de bien transcendant ici et on retrouve tout le petit groupe qui s'est eparpille. On tombe egalement sur Andres, un de nos conducteurs de 4x4 qui nous apprend que lui et Pedro ont ete liberes et ont pu sortir de prison apres une apres-midi d'incarceration. De plus, ils n'ont eu a payer que 80 bolivianos (l'equivalent de 8 euros), leur employeur paiera le reste, tant mieux, on est bien contents pour eux. Nous avons eu beaucoup de chance car Gilles et Severine nous ont raconte etre arrives a Uyuni quelques jours avant nous, bien avant les elections, mais avec des barrages dans tous les sens, les boliviens etant furieux de la decision du President bolivien Evo Morales de reporter en 2028 les travaux de la voirie (vraiment necessaires !!, qui etaient prevus ... en 2006 (ceci entre autres choses). La bolivie est un des pays qui se bat le plus contre son gouvernement, a coups de greves, de barrage des routes etc. Resultat, Gilles et Severine (ainsi qu'une cinquantaine de touristes) ont ete 'pris en otage', bloques dans une ville morte avec tous les restaurants et hotels officiellement fermes (mais qui les autorisaient a rentrer par la porte de derriere), les communications telephoniques et internet coupees, bloques egalement par les 'bloqueos', ces barrages de paysans prets a tout pour avoir gain de cause et ne laisser rentrer personne, y compris lancer des batons de dynamite sur les 4x4 des touristes (veridique !!). Mais revenons a nos moutons, il commence a faire vraiment tres tres froid, on dine d'un sandwich achete dans la rue (pour 0.20 euros quand meme, qui dit mieux !) et on se refugie dans notre chambre pour se rechauffer... mais il n'y a pas de chauffage, on grelotte... Vivement demain matin qu'on parte de cet endroit... |