
Apres une nuit sous les 2 duvets, la polaire et les vetements thermiques et 4 couvertures de laine, nous avons beaucoup de mal a nous lever car il faut sortir le bout du nez dans les quelques degres de la chambre. On a eu de la chance car nous etions dans une piece aveugle sans fenetre ; nos 5 autres compagnons de voyage qui etaient dans le dortoir d'a cote ont senti le froid passer par la fenetre et ont grelotte toute la nuit... Bien sur, pas question de douche, il n'y a meme pas d'eau qui coule du robinet et elle serait trop glacee de toute facon. On saute dans nos vetements et on file au petit dej. Il faut traverser la cour et la, aie, aie, aie, il fait - 9 degres, oui vous lisez bien. C'est surement la premiere fois depuis le debut de ce voyage que vous avez plus chaud que nous !! On prend le petit dej avec les polaires et les echarpes. Toutes les batteries d'appareil photo tombent tres vite avec le froid, heureusement que j'avais recharge les notres la veille sur la seule prise de la pension, et en payant le chargement en plus, car les gens d'ici n'ont vraiment rien et tous les moyens sont bons pour recuperer un peu de bolivianos. Mais bon, faudrait pas tomber en rade de batterie dans un tel endroit. Donc nous voila repartis, on charge de nouveau les sacs sur le toit du 4x4, couverts par une bache car il y enormement de poussiere sur la route. La journee qui s'annonce sera un peu moins sympa que la precedente car nous avons environ 300 kms a parcourir sur des routes impraticables. J'ai hate qu'on parte d'ici car j'ai un marteau qui me cogne la tete depuis qu'on est arrives a cette altitude, je ne supporte plus. On doit descendre environ 2 000m dans la journee, ca devrait aller mieux ensuite. C'est d'ailleurs incroyable de penser qu'il existe des villages et de la vie a de telles hauteurs ! Quand on me parlait de l'altiplano (les hauts plateaux), je ne m'imaginais pas du tout de telles choses. Notre premier arret est l'Arbol de Piedra (l'arbre de pierre), un arbre en effet, en pierre, aussi, qui a ete sculpte par l'erosion et le vent, c'est tres beau, plante la, tout seul en plein milieu du desert de Siloli!! Il n'y a pas grand chose aux alentours. Le soleil tape fort la journee, il fait un peu plus chaud que la veille, on enleve une epaisseur et le bonnet. L'ambiance est vraiment tres bonne avec nos 7 autres compagnons de voyage ! Nous continuons notre route et passons par des paysages plus sauvages les uns que les autres, on se croirait vraiment dans une autre epoque, sur une autre planete. La poussiere rentre par les ouvertures de la voiture qui n'est plus toute neuve et on se sent deja tres sales. Pedro a une seule cassette de musique bolivienne avec 5 chansons dessus qu'il passe et repasse en boucle... Je discute un peu avec lui et apprends qu'il a 8 enfants et vit a Uyuni. Il fait le parcours environ 3 fois par semaine donc ne passe qu'un ou 2 jours par semaine avec sa famille. Dure vie. Au fil de la route, nous decouvrons les lacs des hauts plateaux, le lac Honda, le lac Hedionda et le lac Chulluncani. Ils sont tres beaux, perdus au milieu de nulle part dans des paysages de cartes postales. Comme dit Jennifer, NOUS sommes au milieu de cartes postales ! Pas un groupe de touristes aux alentours, a part nous, des paysages a couper le souffle et un ciel bleu, bleu, bleu. Nous nous arretons pour dejeuner au village d'Alota. La nourriture que nous mangeons pendant ce circuit est tres simple mais nous rechauffe et nous cale bien. Nous voila repartis et le voyage commence a se faire long. Les paysages que nous traversons changent tres rapidement pourtant, on passe du desert, a des chemins intraversables mais Pedro ne recule devant rien !! On passe des mini-rivieres avec le 4X4, nous arretons pour prendre des photos de troupeaux de lamas perdus au milieu de champs aux herbes jaunes et entoures de montagnes ocres, des villages de quelques maisons seulement. C'est magnifique. Il y a une bonne ambiance dans notre voiture avec Marcus, Jennifer et Pedro qui est vraiment tres tres sympa et s'arrete regulierement pour qu'on puisse prendre des photos. Nous arrivons enfin a notre hostel tout pres de Uyuni. C'est plutot moderne et on nous a promis une douche chaude !! Les chambres ne donnent pas sur l'exterieur donc on ne devrait pas avoir trop froid ici. Nous partageons de nouveau notre chambre avec Marcus et Jennifer. La douche est tiede et il coule seulement un mince filet d'eau mais ca ira bien pour nous decrasser car nous sommes vraiment vraiment sales avec toute cette poussiere !!! Une petite fille vient nous dire qu'il n'y a pas beaucoup de gaz ce soir et qu'ils vont couper l'eau chaude incessamment !!! Fred et moi n'avons pas encore pris notre douche et vu le froid dehors, il est hors de question de prendre une douche froide ce soir !! On en a pris beaucoup pendant ce voyage mais ici, elle est vraiment gelee... J'arrive a negocier un petit repit et nous voila tout propres. Mais la nuit tombe et il n'y a pas d'electricite. Les proprietaires attendent le dernier moment pour la brancher ! On dine et tout le monde va se coucher tres tot (vers 20h30). En effet, on doit se lever a 5h30 demain matin et il n'y a rien a faire le soir ici de toute facon. On sait que la France a joue contre le Bresil mais personne ne peut nous donner le score, c'est super frustrant !!! Le lendemain, lever a l'aube, et grosse surprise, l'electricite n'est pas branchee... Il n'y a pas non plus d'eau courante !! Super ! C'est donc a la lampe de poche que l'on doit tous preparer notre sac, s'habiller, se laver les dents (a l'eau minerale !) et verifier que l'on n'a rien oublie !! Mais la surprise continue car on prend notre petit dejeuner a la bougie egalement !! Tres romantique (a 9 !!) .O) On charge les sacs sur les 4x4 et c'est parti pour le lever de soleil sur le Salar de Uyuni. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, le Salar de Uyuni est le plus grand desert de sel du monde, d'une superficie de plus de 12 000 km2, le tout a 3 650 metres d'altitude !! Le sel qui en est extrait est destine a la consommation humaine et le reste est donne au betail (20 000 tonnes extraites et traitees chaque annee). Apres une vingtaine de minutes en voiture, on y est enfin... Le soleil se leve a peine, il n'y a pas un bruit, le desert blanc s'etend a perte de vue devant nous, il fait froid, tres froid meme mais nous sommes dans un tel etat d'euphorie que nous ne nous en rendons pas compte... C'est tout simplement magique... Une experience exceptionnelle impossible a raconter par ecrit mais que chacun devrait vivre une fois dans sa vie... Le Salar doit nous rendre tous fous car on se met a courir, a sauter, a gigoter dans tous les sens, les chauffeurs nous regardent, l'air blase, car ils doivent avoir l'habitude !! Nous passons une bonne heure a profiter du paysage, prendre des photos, sous un ciel bleu, encore plus bleu que d'habitude sur toute cette etendue blanche. On ne voudrait jamais partir d'ici... Nous reprenons tout de meme la route et traversons le Salar, c'est tout aussi beau en voiture, on a l'impression qu'on n'arrivera jamais au bout. On y arrive quand meme et nous atteignons ainsi la Isla de los Pescadores (l'ile des pecheurs). On ne comprend pas bien le nom de cette ile qui est tres loin de la mer et qui est en fait une sorte de colline, recouverte de cactus, et dominant le Salar. C'est aussi superbe !!!! Nous escaladons la colline et avons une vue imprenable, entre le blanc du Salar, le bleu du ciel, le tout au milieu de centaines de cactus !!! Incroyable. Il y a un peu plus de touristes et ca parle francais dans tous les coins... :O( Nous continuons notre route pour visiter un hotel de sel, c'est a dire que ses murs, les tables, les chaises, les lits sont faits en sel !! Notre hotel avait seulement les murs en sel. C'est une matiere tres isolante et bien efficace contre les temperatures extremes de cette region. Mais notre circuit est deja presque termine. Dernier petit arret aux monts de sel, qui sont en fait des centaines de monticules de sel extraits a la pelle par les locaux, c'est un travail vraiment fastidieux et penible. Nous continuons vers Uyuni ou nous allons passer la nuit. Nous sommes epuises mais tellement emerveilles par notre tour. Mais Uyuni est une autre histoire. Patience donc pour connaitre nos deboires avec la police locale en pleine campagne d'elections boliviennes... |